Newsletter du Lundi
11/12/23

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H. Seydoux, Parrot : « ce que j’aime au CES, c’est le bordel ambiant »

Qui ?
Georges-Edouard Dias, notre envoyé spécial au CES, qui y a rencontré Henri Seydoux, Pdg de Parrot (en photo), la délégation du MEDEF, menée par Pierre Gataz ou encore Fleur Pellerin.

Quoi ?
Le bilan, quasiment gaullien, de cette édition.

Comment ?
Au CES cette année, la France avait de quoi se réjouir. Omniprésente sur les stands, elle a  démontré ses talents d'innovation avec des dizaines de start-up alignées dans l'Eureka Park, la plus grosse délégation Française de mémoire de CES avec plus de 1000 personnes, dont une ministre et un ambassadeur et même une délégation du MEDEF emportée par son Président, Pierre Gattaz.

Et pourtant, pour Henri Seydoux, Pdg de Parrot, "il ne faut pas croire que les Français aient la moindre des positions sur les marchés de l'électronique. Sur les objets connectés, avec toutes les sociétés présentes sur le salon, si on fait 400  millions d'euros, c'est le bout du monde. Et encore, j'en représente plus que la moitié." Ainsi, l'une des vedettes du CES de l'an passé, la "Happy Fork", de la société française Happy Lab, n'a pas dépassé 150 000 dollars de pré-commandes-après avoir fait toutes les télés, de CNN à Sci-Fi en passant par "Good morning America". Tentés de revenir cette année, elle a finalement jeté l'éponge 15 jours avant pour laisser sa place à… Reebok. De fait, le CES n'est qu'une première marche dans la course à l'innovation et il ne faut pas manquer les suivantes.

"Ce que j'aime au CES, c'est le bordel ambiant, entre des milliers de Chinois qui exposent les objets les plus improbables et qui bradent le dernier jour la totalité de leur stand aux plus offrant faute de billet de retour. Et les grands de l'électronique qui essayent de promouvoir sur des stands immenses des innovations stupides dont tout le monde sait d'avance qu'elles ne trouveront pas un marché". Une allusion à la TV 3D, vedette il y a quatre ans du CES, à comparer cette année avec les nouveau écrans UHD "incurvés" dont Samsung à fait le "centre" de son stand. "On vient au CES pour faire la une des télés, pas pour faire du business. C'est dans les jours qui suivent où tout se joue, alors qu'il faut lancer la production pour être prêt à distribuer avant l'été".

Que les Français soient les plus créatifs, ils l'ont montré, mais sur le plan Européen, ils ont encore beaucoup à apprendre de l'excellence opérationnelle des Allemands : plutôt que de compter sur des conversations bilatérales déséquilibrées avec le géant Américain, ne devrions-nous pas prendre l'initiative d'un axe Paris-Berlin du digital et en faire le pivot de l'Europe numérique ?

A ce sujet, il faut saluer la présence Fleur Pellerin au cocktail organisé par UbiFrance au Vénitian pour la naissance officielle de la "start-up République". Ne serait-ce que pour exorciser notre complexe national vis-à-vis des Américains. Mais ce qui viendra faire toute la différence, ce sera tout de même notre capacité à transformer toute cette créativité en business. A la conférence de presse donnée au Venitian, Pierre Gattaz a montré sa volonté de promouvoir les échanges entre les grandes entreprises et les start-up, au travers d'un pacte PME, de renforcer le rôle de l'université et des grandes écoles (par exemple au travers des chambres de commerce) dans les processus de transformation digitale dans les entreprises, d'initier une collaboration élargie avec nos partenaires européens pour offrir aux jeunes pousses un véritable marché dont la taille est critique pour leur développement. Voilà qui va bien plus loin que le crédit impôt-recherche, qui, soit dit en passant, vient d'être refusé à Mother, le projet de Rafi Haladjian primé au CES !

Jeune entrepreneur français établi aux USA, Guillaume de la Tour, aujourd'hui Président et CEO de BlueFox, une entreprise de Saratoga spécialisée dans les panneaux d'affichage digitaux, s'est réjoui lors de la conférence de presse de voir "la team France" ainsi réunie, en ajoutant: "c'est vrai que jusqu'à aujourd'hui on se sentait seul lorsqu'on essayait de s'établir en tant qu'entrepreneur aux USA. Votre présence à tous montre que cela va changer".  Ce n'est pas tant de subventions que les entrepreneurs ont besoin : c'est du soutien, du coaching, de l'accompagnement dans la conquête de marchés : et qui peut faire cela pour eux mieux que nos entreprises du CAC40 ?

Georges Edouard Dias

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